Le mythe du fletchérisme : pourquoi mâcher des aliments 32 fois change plus que la simple digestion

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Vous êtes assis à votre bureau. La salade est dans une vraie assiette. Vous utilisez une fourchette. Il semble gênant de suspendre la journée de travail pour prendre un bon repas, mais vous respectez le plan. Vous avez décidé de suivre le vieux conseil : mâchez chaque bouchée 32 fois. Vous ne vous souvenez pas très bien de la science derrière ce chiffre. Vous pensez que cela aide à la digestion. Ou peut-être que cela incite votre cerveau à se sentir rassasié plus rapidement. Quoi qu’il en soit, vous allez le faire. Vous pourriez même appeler votre mère plus tard pour la remercier du pourboire.

Voici cependant le problème. Ta mère n’a pas inventé ça. Le mérite du mouvement « slow chew » appartient à Horace Fletcher. C’était un industriel de l’ère victorienne qui a popularisé le « fletchérisme » à la fin des années 1800. Fletcher a écrit un livre intitulé Fletcherism : What It Is. Sa théorie était simple. Mâchez la nourriture en petits morceaux. Laissez votre corps l’absorber mieux. Si vous mâchez jusqu’à ce que la nourriture se liquéfie, vous mangez moins. Vous achetez moins de nourriture. Vous économisez de l’argent.

Fletcher n’était pas seulement un gars avec une minuterie de cuisine. C’était un riche magnat britannique avec des amis comme Thomas Edison et John D. Rockefeller. Il a poussé fort. Il a dit aux gens de mâcher jusqu’à 100 fois par minute. Ou jusqu’à ce que la morsure se transforme en liquide. Ensuite, avalez. Ou crachez-le. Son surnom est devenu « Le Grand Masticateur ». Il a voyagé à travers l’Angleterre, l’Europe du Nord et les États-Unis. Il mourut en 1919, prêchant toujours que « plus on mâche, moins on mange ». Pendant la Première Guerre mondiale, il a même conseillé à 800 000 Belges affamés comment bien mastiquer afin de pouvoir tirer davantage de nutriments d’une nourriture rare.

Cela semblait alors un projet lointain. Des recherches récentes montrent qu’il est effectivement avantageux de passer plus de temps à mâcher ses aliments.

Comment la vitesse de mastication affecte l’absorption des nutriments

Une étude réalisée en 2009 à l’Université Purdue a porté sur les amandes. Les chercheurs ont demandé aux participants de les mâcher 10, 25 ou 40 fois. Le résultat était clair. Plus de mastication signifiait une absorption plus rapide des nutriments. Les participants qui mâchaient davantage maintenaient mieux leur niveau d’énergie. La répartition de la taille des particules alimentaires est importante. Des particules plus petites signifient que les enzymes peuvent travailler plus rapidement. Le corps obtient plus tôt ce dont il a besoin.

Il ne s’agit pas seulement d’amandes. Le principe s’applique à de nombreux aliments. Une mastication complète augmente la surface des enzymes digestives. Ceci est particulièrement important pour les noix, les graines et les légumes crus. Si vous avalez des morceaux entiers, ils risquent de traverser votre système sans être digérés. Vous gaspillez les nutriments. Vous gaspillez les calories.

Manger plus lentement réduit l’apport calorique

Mâcher davantage vous oblige également à manger plus lentement. Cela a ses propres avantages. Une étude réalisée en 2014 par la Texas Christian University a révélé que ceux qui mangent plus lentement consomment moins de calories. Le cerveau met du temps à enregistrer la plénitude. Les signaux provenant de l’intestin mettent environ 20 minutes pour atteindre le cerveau. Si vous mangez rapidement, vous terminez le repas avant que votre corps ne sache qu’il est rassasié. Vous continuez à manger. Vous surconsommez.

Une alimentation plus lente donne à ces signaux de satiété le temps de rattraper leur retard. Vous vous arrêtez lorsque vous êtes réellement rassasié. Vous ne mangez pas tant que vous n’êtes pas rassasié. Cela peut aider à la gestion du poids. Cela ne nécessite pas de plan de régime. Cela nécessite juste une fourchette et une assiette. Et peut-être un peu plus de temps.

La vérité sur la règle des « 32 mastications »

Le nombre 32 est arbitraire. Fletcher ne l’a basé sur aucune constante biologique spécifique. Il aimait juste le son. Il préconisait de mâcher jusqu’à ce que la nourriture se liquéfie. C’est la vraie mesure. Pas un décompte. Pas une minuterie. La texture compte. Si la nourriture est encore grosse, mâchez davantage. Si c’est une pâte lisse, tout va bien.

Ce conseil est facile à ignorer. Nous vivons dans un monde en évolution rapide. Les pauses déjeuner sont courtes. Les e-mails n’attendent pas. Mais prendre quelques secondes supplémentaires par bouchée s’additionne. Cela change l’expérience de manger. Cela vous ralentit. Cela pourrait même vous aider à apprécier davantage la nourriture. Vous n’alimentez pas seulement votre corps. Vous vous y engagez.

Votre mère n’a peut-être pas eu cette idée. Mais elle avait peut-être raison. Même si elle s’est trompée sur l’histoire. La science soutient la pratique. Mâchez davantage. Mangez plus lentement. Mieux absorber. Appelle-la plus tard. Si vous avez le temps.